
Hercule Poirot dans la Grèce Antique...
L'un des élèves de l'Académie de Platon est retrouvé mort en forêt. Diagoras, son
tuteur, souhaite éclaircir les circonstances de sa mort. A bien se souvenir, il lui semble que récemment le jeune éphèbe avait un comportement étrange, inhabituel. Il fait donc appel au
célèbre déchiffreur d'énigmes, Heracles Pontor (notez les initiales...).
Afin de dénouer le fil des évènements, Pontor et son client parcourent Athenes en tout sens. Dans cette capitale aux deux visages, où la moralité côtoie le vice, esclaves, éphèbes, poètes,
philosophes se croisent et témoignent.
Heracles Pontor, petit, rondouillard mais l'esprit vif et affûté.
Ses qualités d'observation exceptionnelles sont son principal atout. Il est l'homme qui ne croit que ce qu'il voit. Contrairement à Diagoras, il ne se laisse pas aveugler par
ce qu'il imagine voir.
Si ce n'est pas toujours l'entente cordiale entre ces deux fortes personnalités, ils sont unis par une même quête de vérité.
Force est de constater que si le scénario est classique, les lieux, l'époque et les personnages sont d'une grande originalité.
Le chapeau et la petite moustache d'Hecule laissent place à la barbe et à le chilton (tunique) d'Heracles. Les costumes, les références constantes à la mythologie,
Platon...
Pourquoi pas après tout? Pourquoi les enquêtes policières n'auraient-elles lieu que dans d'obscurs manoirs perdus dans la campagne anglaise?
L'originalité du décor contribue beaucoup au charme du roman. Et comme il est difficile de résister à l'improbable duo:Pontor/Diagoras! L'un parle, l'autre ne souffle
mot. L'un pense, l'autre observe.
L'auteur prend un malin plaisir à nous les présenter comme les Laurel et Hardy de l'Antiquité. Ils apportent la touche d'humour nécessaire à ce roman plein d'intelligence.
J'ai en revanche moins apprécié le troisième personnage principal de ce livre: le traducteur(celui qui a trouvé les papyrus de La caverne des idées et les traduit). Il intervient
sans cesse par notes de bas de pages. Et ce, presque toutes les pages! Évidemment, ce personnage jour un rôle essentiel dans la fiction et donne d'importantes indications au lecteur mais j'aurais
souhaité que ses intrusions soient plus discrètes et moins fréquentes.
José Carlos Somoza, psychologue de son état, signe avec La caverne des idées un roman réussi. Une bouffée de fraîcheur dans un genre qui peine à se renouveler.
The Athenian Murders en VA
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