Jeudi 18 décembre 2008
" On s'emploie avec raison à sauver toutes sortes d'espèces d'oiseaux, d'insectes, d'arbres, de plantes, de grosses et de petites créatures bien vivantes, mais menacées de disparition. Et si on travaillait à sauver des mots en péril ? "  (4ème de couv.)

Pivot a choisi 100 mots qu'il nous invite à découvrir ou réutiliser. Parmi ceux-ci: tire-laine, jocrisse, faquin... Chaque mot est suivi d'un passage littéraire dans lequel il apparait. Eclairant.
Les explications de Pivot ne manquent pas d'humour et de facétie non plus.

Un petit livre fort sympathique et que vous pourrez compléter car vous disposez de quelques pages blanches pour créer votre propre liste de mots à sauver.

Mon premier mot, ce serait "drôlement" (pas vraiment en péril mais pas franchement moderne non plus) que j'utilise à toutes les sauces... Et vous?


Par Caroline - Publié dans : Littérature francophone
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Mardi 16 décembre 2008

Tout commence le jour où Sally réalise que sa grand-mère est noire. Elle n’avait jamais prêté attention à la couleur de peau de sa grand-mère. Il faut dire qu’entre un père a moitie alcoolique, une mère qui enchaîne les petits boulots, 4 frères et sœurs, et le manque d’argent, Sally avait déjà son lot de problèmes.

Pour éviter de répondre aux questions et clore le débat, sa mère lui dira que sa famille est d’origine indienne.

Une fois adulte, Sally part à la recherche de ses racines. Pour trouver des réponses, il lui faudra commencer par démasquer les mensonges de sa mère et de sa grand-mère. Bien loin de l’Inde, ses investigations l’entraîneront dans l’Australie aborigène.

 

Roman autobiographique, My Place est considéré comme un classique de la littérature australienne. Dans la première partie, Sally Morgan raconte son enfance. Les petits et grands événements du quotidien, les disputes inévitables avec trois générations sous le même toit, l’école… Bien que souvent attendrissante et drôle, cette partie manque d’action. Rien de plus désagréable que lire un livre qui n’avance pas.

 

Heureusement, au moment où il fallait que quelque chose se passe, commence ce besoin de vérité, cette quête pour découvrir les origines familiales. Le roman devient alors passionnant. Les investigations de Sally la mèneront dans de minuscules stations du nord de l’Australie. De fil en aiguille, elle découvrira le vécu de plusieurs membres de sa famille. La question de la « Stolen Generation » est omniprésente.  Du début du 20eme siècle jusqu’aux années 1970, les enfants issus de l’union d’un(e) blanc(he) et d’un(e) aborigène seront systématiquement enlevés à leur famille (par le gouvernement) pour être confiés à des familles blanches dont la mission sera de les « blanchiser » (éducation anglo-saxonne, perte des valeurs/coutumes aborigènes…). Ces enfants sont la « Stolen Generation », la génération volée.

En 2008, le gouvernement australien a présenté ses excuses officielles au peuple aborigène et tente toujours de tisser des liens avec cette communauté.

 

Le témoignage de Sally Morgan est donc plus que jamais important. Le livre se termine avec le récit de sa grand-mère qui, à sa mort, acceptera de livrer quelques-uns de ses secrets et de ses souvenirs. Touchant.

 

Par Caroline - Publié dans : Littérature étrangère
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